La Revue des Internes

L’origine de la Revue reste floue mais tous les articles de journaux, textes et témoignages d’aussi loin que l’on puisse remonter, prouvent qu’il est de tradition que les Maîtres offrent à leurs disciples un moment d’immunité totale, tant pour soulager la pression subie du quotidien que pour remettre en cause leur qualité de précepteur.

Cependant, il semble qu’une nouvelle fois ce soit les hospices de Montpelliers qui soient les pionniers en la matière.

« La première, intitulée, « la Delpech Revue » fut organisée en 1908 à l’occasion du vingt cinquième anniversaire de l’association des anciens internes des hôpitaux de Montpellier fondée en 1883. Il s’agissait d’une pièce de théâtre dans laquelle la statue du professeur Delpech, réveillée par le chant des internes « les adieux de l’interne », allait se mêler à eux pour une folle nuit. Il s’agissait d’une pièce de circonstance faisant la satire de la vie politique et hospitalière de l’époque et qui prenait soin d’égratigner au passage l’administration qui venait de s’en prendre violemment à l’internat en décidant l’«extériorisation » ». (Histoire de la revue Montpelliéraine, Site du Syndicat des Internes de Languedoc Roussillon).

Pour ce qui est de Saint-Etienne, la première Revue est aussi vieille que l’Internat.

En 1955, les Hospices Civils de Lyon acceptent de détacher un groupe de neo internes à l’Hôpital Bellevue. Ces jeunes médecins ont alors profité de l’occasion se démarquer de leur confrère Lyonnais et faire la première revue de LEUR internat, il y a maintenant plus de 60 ans…

revue 1955

Nos joyeux prédécesseurs en avaient profité pour se moquer ouvertement (et avec l’appui de leurs nouveaux Maîtres) des grands patrons Lyonnais, plaçant au passage des petites piques à leurs néo-mécènes.

L’histoire même de l’esprit carabin stéphanois naquit.

La tradition de la Revue Stéphanoise prenant forme, les mandarins ont tout de suite vu l’intérêt de ce moment d’immunité et de décompression, et ont accepté d’être les cibles des railleries le temps d’une soirée.

L’histoire veut qu’il soit très mal vu quand un patron décline l’invitation de ses disciples, risquant même une pourfende dans les règles de l’Art.

Alors, fiers héritiers des traditions mais aussi jeunes disciples quelque peu railleurs, nous ne faisons que perpétuer cette formidable institution tout les 2 ans…